Parti anti maçonnique

Le Parti Anti-Maçonnique ou l'Antimaçonnisme Américain

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Le Parti Anti-Maçonnique est un mouvement politique américain fondé en 1828. Il s’opposait aux activités et à l’influence supposée de la Franc-Maçonnerie sur les affaires publiques. L’affaire de la disparition inexpliquée de William Morgan, auteur franc-maçon populaire soupçonné de vouloir dévoiler les secrets du rituel maçonnique, a permis son avènement sur la scène politique américaine.

Connaître cette histoire est essentiel pour qui veut comprendre l’antimaçonnisme, ou du moins la suspicion à l’égard des francs-maçons américains.

La franc-maçonnerie a une base de membres actifs depuis la création des États-Unis. En effet, nombre des Pères Fondateurs étaient eux-mêmes des francs-maçons assumés. Le nombre d’initiés a d’ailleurs continué à augmenter considérablement au début du XIXe siècle.

En 1826, un franc-maçon du nom de William Morgan a mystérieusement disparu à New York après avoir soi-disant rompu son vœu de secret maçonnique. Il aurait eu l'intention de publier un livre exposant le rituel maçonnique. Les francs-maçons de la ville de Morgan ont été considérés comme responsables de sa disparition et ont finalement été jugés et condamnés par un tribunal pour l'avoir kidnappé.

Cependant, la peine infligée à ces hommes a été jugée trop légère par ceux qui les croyaient coupables.

Bien qu'un sentiment anti-maçonnique existait avant cet épisode, les résultats du procès ont suscité le mépris de nombreuses personnes ordinaires qui commençaient à voir les maçons comme des hommes qui se tenaient au-dessus de la loi.

Cela eut pour conséquence d’alimenter la théorie d’un complot maçonnique.

Le parti anti-maçonnique : grandeur et décadence

Ce ressentiment a fini par se structurer et prendre forme sous une entité politique officielle : le Parti Anti-Maçonnique.

Almanach Anti Maçonnique 1832

Comme son nom l'indique, son projet a été spécifiquement construit sur la mission d'essayer d'éliminer la franc-maçonnerie aux États-Unis.

Dans les faits, en une quinzaine d’année, l’affaire de la disparition de William Morgan et l’action forte du Parti Anti-Maçonnique eurent pour effet de réduire de moitié les effectifs de la confrérie maçonnique aux Etats-Unis.

Pendant des années, des accusations infondées continuèrent à se répandre, accusant les francs-maçons d'actes illégaux. La vie des Fils de la Veuve est rendue très difficile : les loges sont profanées, les relations d'affaires sont rompues et de nombreux maçons sont même attaqués en public.

D'innombrables initiés ont préféré quitter le métier pour se protéger et protéger leur réputation. Des centaines de loges cessèrent leurs activités.

Le Parti Anti-Maçonnique se développa rapidement et avec force. Certains politiciens croyaient vraiment que la franc-maçonnerie était mauvaise pour le pays, tandis que d'autres y voyaient une opportunité à exploiter à des fins politiques personnelles. 

En peu de temps, le parti s'est profondément enraciné dans les organes fédéraux et étatiques, après s’être constitué en parti politique national en 1830.

Dans le Vermont et en Pennsylvanie, les candidats du Parti Anti-Maçonnique ont remporté des élections très médiatisées et ont occupé les postes de gouverneur et de membre du Congrès. En Pennsylvanie, la législature de l'État est même allée jusqu'à tenir des audiences sur les méfaits de la franc-maçonnerie.

En 1832, le parti avait obtenu suffisamment de soutien pour présenter un candidat à la présidence des Etats-Unis : William Wirt, un ancien franc-maçon lui-même ! Il remporta 8% des suffrages.

Naturellement, un parti comme celui-ci n'allait pas pouvoir maintenir son élan bien longtemps.

Au fil du temps, les politiciens et les électeurs du Parti Anti-Maçonnique se sont mêlés à d'autres partis, notamment le parti Whig et le nouveau parti républicain. Pour autant, dans les années 1840, le mal était fait. Même les plus fervents partisans de l'anti-maçonnerie étaient satisfaits des dégâts causés à la confrérie.

Indéniablement, le Parti Anti-Maçonnique a œuvré efficacement contre la Confrérie.

En seulement 10 ans, on estime que le nombre de maçons aux Etats-Unis a diminué de plus de la moitié. Des Grandes Loges ont été fermées dans plusieurs États et pour beaucoup d'entre elles, il a fallu des décennies avant qu'elles ne retrouvent leurs effectifs initiaux. Un nombre important d'anciens maçons ont été traumatisés par des années de diabolisation, ce qui les a amenés à abandonner complètement le métier.

Les grandes figures du Parti Anti-Maçonnique

William Wirt (1772-1834)

Photo William Wirt

Ancien Procureur Général des Etats-Unis sous James Monroe, il fut le candidat du Parti Anti-Maçonnique lors de l’élection présidentielle de 1832.

John C. Spencer (1788-1855)

Photo John C. Spencer

Procureur ayant enquêté sur la disparition de William Morgan, il fut désigné porte-parole du Parti Anti-Maçonnique en 1831. Plus tard il devint Secrétaire du Trésor des Etats-Unis.

John Quincy Adams (1767-1848)

Photo John Quincy Adams

Président des Etats-Unis de 1825 à 1829, il fut après son mandat représentant du Parti Anti-Maçonnique au Congrès avant de rejoindre le Parti Whig.

La franc-maçonnerie américaine a survécu

Il a fallu du temps à la franc-maçonnerie américaine pour guérir de ses blessures, mais les idéaux et les valeurs fondamentales de la Confrérie n'ont jamais cessé de résonner.

Les hommes continuent d'aspirer à des vies d'honneur, d'intégrité et de générosité, et de le faire aux côtés d'hommes de caractère qui se soutiennent mutuellement à chaque étape du chemin.

Malgré une histoire parfois douloureuse, la Franc-Maçonnerie et ses idéaux ont survécu.

Aujourd’hui les Francs-Maçons américains assument fièrement et ouvertement leur appartenance à la plus prestigieuse des sociétés secrètes.

Bague Franc Maçon Jakin & Boaz

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